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lundi 21 mai 2007

Parle à ma tête mon cul est malade

"Ideas" by Tibarama


Parce qu’en fait de tête, si mal tenue par la ménagère que l’on s’évertue à être, ménagère en rationalités, il s’agirait plutôt d’admettre que l’on s’occupe davantage de la propreté -et d’une forme d’ordre à faire régner- de notre cul en termes d’inconscient et de conditionnement, que de pensée.

Il est d’ailleurs parfois question de « tête de bite », expression courante recouvrant autre chose qu’une simple ressemblance physique -encore que- stipulant par ailleurs que la bite est infiniment idiote (il faudrait en fait dire bestiale, tout le contraire de la bêtise). Notons que "tête de cul" n'est pas usité.

Le bon sens n’est pas toujours de bon conseil. Loin de nous l’idée qui consisterait à faire équivaloir la tête et le séant, pourtant, l’étron aime à se nicher, profondément au chaud, et plus souvent qu'il n'y parait, ailleurs qu’en son lieu naturel … La tête n’est pas suffisamment bien faite pour refouler ou rejeter les roquettes fécales qui s’y trouvent. Elle est, en même temps, si bien faite qu’elle peut en héberger des colonies entières. Aussi pourrions-nous légitimement risquer l’idée qu’une constipation du derche puisse conduire à rendre malade cette vénérée, et si cartésienne, psychè.

Dès lors que les familles décident de régler la question du cul, du propre, du coprolithe psychiquement acquis, avant celles de la tête pratique et à pratiquer, là, en effet, commence la fossilisation neurologique, et par suite les premières céphalées plus ou moins conscientisées.

Ainsi, en arrive-t-on à ce stade de la rationalité développée familialement et scolairement où la tête pense comme un cul, et souvent moins parfaitement qu'un vulgaire trou de balle tout entier engagé à sa fonction primordiale. Quoi ? Un cul ne pense pas ?

Ce moment d’intimité bestiale rappelle, pourtant, de manière fugace, certes, aux malades de la tête qu’ils ont une tête. Qu'il vaut mieux que leur cul ne s'occupe que de ces fesses qui, elles-même, leur rappellent qu’ils ont une tête (Le paradoxe des chiottes). D’où la facilité d’y lire des littératures plus ou moins littéraires pour s’oublier, pour oublier que nous sommes pourvus d’une tête.

Il faut, en effet, avouer que ce cul, si dénigré fut-il, remplit généralement sa fonction bien mieux que la tête n’accomplit la tâche qui devrait être la sienne : penser. Cette tête incroyablement dégénérée qui va jusqu’à rendre malade ce cul qui n’a rien demandé, cette tête qui va jusqu’à se mettre en conflit avec les éléments qui lui assurent son équilibre, popotin compris.

Ainsi, en va-t-il de nos moralistes dont le cul malade ne peut même plus s’en remettre à une tête qui a déclaré forfait depuis trop longtemps. Si encore le fait de penser avec un cul -son colombin et ses odeurs putrides- était connu et assumé comme une inéluctable condition. Nos moralistes pensent par leur cul en le prenant pour leur tête!

Les voilà ces « prêtres » s’accrochant au mirage et à la vertu de la raison. Alors qu’ils échangent et se disputent par fondements interposés, c’est bien en lieu et place de ces fesses neuroniques, maladives et contagieuses qu'ils combattent, dans le vide, le regard figé sur les fesses de Don Quichotte, c'est en lieu et place de ces culs synaptiques, qu’ils auraient dû penser, et non chier, pour soigner le cerveau, organe qui, par excellence conduit à la production de futilités aussi bien intellectuelles que physiologiques : le « pet ».

Ainsi, du « souffle » à la psychè, il n’y a rien. Rien d'autre que le moraliste lâchant ses vents sous prétexte que cela soigne son corps. Pourtant, l'oubli premier... Le soin de la tête!


Loo




vendredi 23 mars 2007

Garde à vous, gare à vous !

"Very rich fatum" Djü

Q
ue le souffle du vide est puissant. Il happe les pensées et le vertige empêche de se pencher trop profondément sur le gouffre. Surtout ne reste pas allongé, tranquille et calme, les soldats ne s’allongent que pour crever, sinon ils rampent.

Et tous nous rampons. On te dit que le monde est beau mais prévaut seulement la loi du plus fort, à cette différence près, contrairement au monde animal, que la violence humaine, « sapiente », peut être absolue, déliée des simples raisons de survie. Surtout ne reste pas assis, calme et tranquille, on pourrait croire que tu es faible. Seuls les leaders s’asseyent, et seulement quand ils sont sûrs de leur force.

Et tu t’endors mon vieux comme tout le monde, avec tes rêves de consommation, parce que c’est tout ce qu’il te reste. Victime de la mode. Tu regardes ton corps, on se regarde le corps, on compare, on remplace ou on jette. Il faut se bronzer en été, aller au ski en hiver, voyager au milieu des corps sans savoir, sans connaître, ou voyager tout court si cela suffit à remplir les vides, les silences et les absences. Ne reste pas debout, calme et tranquille, les gens biens ne se lèvent que pour montrer qu’ils agissent, pour se remplir en bouches avides et boulimiques.

C’est comme ça que l’on remplit le monde…Avec un entonnoir, comme on gave des oies. Ne reste pas calme et tranquille on pourrait croire que tu cherches, que tu réfléchis , que tu te questionnes, mais surtout que tu assumes. Ton fatum est riche, mais il faudrait qu’il soit pauvre pour ne pas déranger, car ton fatum est un autre, un étranger, un rythme propre et unique comme ton souffle. Universel mais pas uniforme.

Djü

mercredi 21 mars 2007

Baudrillard : Consommer le Corps.


Jean Baudrillard, New York, 1997


O
n peut aimer ou/et détester la prose de Baudrillard, mais qui pourrait dire qu’il y est insensible et qu’il s’en branle à peu près autant que le fatum ?

Oui, voilà, ce mortel est mort, son corps n’est plus d’aucun intérêt. Et le fatum, tout incorporel et sans âme qu’il est, -bien que « présent » dans toutes matières- continue sa route universelle et absolue.

Ce corps, en effet, s’est tu à jamais. Nous voilà bien baisé pour lui renvoyer sa théorie dans la face. À ce corps potentiellement consommable "de son vivant", il reste un corps à consommer avant putréfaction ! Pas vraiment attrayant. Même compensé par cet excellent cerveau certifié « viande française ».

En réalité, Baudrillard est un consommable, au-delà du corps. Dans l’idée, hautement valeureuse et vertigineuse, digestive, stomacale, du « rien ne se perd, tout se transforme ». Et il y a de quoi nourrir les esprits chez cet intellectuel. Ainsi, n’est-il même pas renvoyé à la brute consommation bactérienne de ses chairs. Seulement à la consommation et à la digestion du système Baudrillard!

Baudrillard est finaud. Même mort. Il nous laisse ses "affaires" et nos insuffisances. Ainsi faudra-t-il retenir de cet homme sa Société de consommation, livre dans lequel il développe sans concession une approche pour le moins appréciable du corps produit comme objet de consommation.

Le corps est au centre-même de la prostitution, comme son principe, lourd (et sourd), se constituant dans la vente et la consommation du sexe, du corps propre. Prostitution dépassant très largement le cadre de nos mal-aimées putes. La prostitution est le système même. Des macs, des consommateurs, des producteurs... L'objet par excellence, l'objet ultime et indépassable : le corps.

Avec ce pote, le Baudrillard, il est désormais l’heure, pour tous, de se reconnaître en prostituée de bas étage, en professionnel du sexe. Il faudra se dire "sous-pute", un grade un peu moins élevé, plutôt que pute réelle, c'est-à-dire en sous-marin, inconscient ! Et pour le coup, plus prostituée que "celui, celle", qui s’y adonne volontairement, en "entrepreneur", en comptable. Le professionnel, une fois le travail terminé, s'arrête. La "sub-pute" l'est jusque dans son sommeil, au travail et en dehors, sans même se l'avouer...

En attendant, nous sommes davantage en prostitution que la (le) prostitué(é) elle (lui)-même. Nos collègues, nos chefs, nos compagnons (ou compagnes), nos congénères, les serfs et, surtout, nos mères et nos pères, ceux que l'on juge sans jamais juger, qui éduquent et forment l'esprit sont, dans l’ensemble, ces "putes" pérennisant le métier ! Les prostitués elles-mêmes, les vraies, les pros (tous genres confondus) ne peuvent plus modéliser la logique. Elles sont happées, aspirées dans des logiques plus vastes, elles sont les subalternes, les aliénées d'un modèle économique qui fait d'elles des putes à temps complet, comme les autres : modèle occidental, mondialisé et ses modes de production et de consommation qu'il fallait bien propager...
Nous voilà bien plus « tapineurs » que nos soeurs, que nos frères, que nos pères d'antant. « Sous-pute », sub-pute, faudrait-il préciser. Comme subconscient, comme submersible ! Planqué. Et ça fait tourner la machine…

Surinterprétation ? Si peu!

Cette vérité est aussi attrayante qu'un sexe boursoufflé, humide du désir. Revenons au corps. Le féminisme s’est gentiment laissé aller... à dégrader métaphysiquement, intellectuellement, la situation des hommes et des femmes. Libération de la femme, qui durant des millénaires a dû faire face à la domination masculine ? Certainement. Avant cela, libération de la femme est surtout la libération du corps et plus tard sa libéralisation. Les "féminismes" n'auraient-ils pas finalement aboutit à la "sub-putisation" des femmes… et des hommes... Des hommes et des femmes à consommer sans modération. Pour faire tourner la machine...
Le corps de la femme comme « consommable » s’est étendu à celui du mâle. Bel égalitarisme homme-femme qui donne à voir l’avènement de cette humanité définie en corps consommables. Et le mâle se consomme enfin... Progrès ? La machine n'a jamais tourné aussi vite !

C’est anodin, c’est quotidien, devant la glace, encostumés, endimanchés au quotidien, soutenus par les icônes bienveillantes d'une presse manipulatoire et manipulée, quand se préparer, se "regarder", c'est se préparer à se vendre soi-même... et à consommer l'autre.

Point de moralisme dès qu’il s’agit de consommer. Ainsi, les corps redéfinis par le biais du « photoshop » pour fourbir au désir des corps improbables et retouchés finiront donc de produire dans l’Homme, la « sub-pute » qui dort en lui. Et voilà l’ère d’esthétiques chirurgies s’imposant comme sens et comme source de bien-être, effaçant au passage toute peur, toute angoisse de disparition et de mort, mais ne mettant pas tout à fait le psy au chômage. Et pour cause, c'est un travail d'équipe. Etre bien dans sa tête c'est être bien dans son corps et c'est sentir ce corps potentiellement vendable, consommable. Vive la psychanalyse ! Un autre sujet que celui-là, la médecine qu’il faudrait aborder, évidemment, à l’heur du docteur sacré, sacre dont il est question chez Baudrillard si peu difficile à vérifier. Il ne faut alors s'étonner de rien lorsque les trusts pharmaceutiques s'imposent parmi les plus puissants.

Sacré, sacré docteur Botox, mister Silicone, antidépresseurs et tout le tintouin…

Baudrillard résume ce bordel en citant un article extrait de la revue « Le Président » intitulé Pas de pitié pour les cadres » :

« 40 ans : la civilisation moderne lui commande d’être jeune… La bedaine, jadis symbole de réussite sociale, est maintenant synonyme de décadence, de mise au rancart. Ses supérieurs, ses subordonnées, sa femme, sa secrétaire, sa maîtresse, ses enfants, la jeune fille en micro-jupe avec qui il bavarde à la terrasse d’un café en se disant « qui sait ? »… Tous le jugent sur la qualité et le style de son vêtement, le choix de sa cravate et de son eau de toilette, la souplesse et la sveltesse de son corps… Il est obligé de tout surveiller : pli du pantalon, col de chemise, jeux de mots, ses pieds lorsqu’il danse, son régime lorsqu’il mange, son souffle lorsqu’il grimpe les escaliers, ses vertèbres lorsqu’il fait un effort violent. Si hier encore dans son travail l’efficacité suffisait, aujourd’hui on exige de lui au même titre forme physique et élégance. Conscient que sa réussite sociale dépend entièrement de l’image que les autres ont de lui, que sa forme physique est la carte maîtresse de son jeu, l’homme de quarante ans cherche son second souffle et sa deuxième jeunesse. »

Voilà qui parle. D’autant plus que le XXIè siècle se trouve marqué par le fait que la première jeunesse, nos enfants, se trouvent plus directement et plus violemment concernés par ce « second souffle du quadra! Drôle de maturité d'enfant. Drôles d'adultes à venir. Des gamins comprenant très vite l'enjeu de l'apparat, de la beauté, de la séduction. Et ça fait tourner la machine.

Mais avec des parents, des "sub-putes", en éducation, en valeurs, des adultes encore plus dangereux pour leurs enfants que ce monde dans lequel il faut bien évoluer. A moins qu'ils ne sauvent. "Là où il y a danger, croît aussi ce qui sauve", disait Hölderlin. Peut-être la naissance d'une intelligence consciente de nos errances, déniant nos dévoiements et nos chaînes, et prête à faire sauter les mécanismes de la machine...

Les gamins : très tôt (4, 5, 6 ans?), se fixent déjà dans ces logiques d'apparat et d'appât, d’abandon de soi aux sirènes du corps consommable et de sa mise à prix. Le corps, "la chose" par excellence, la chose des choses, cet "obscur objet du désir", l'objet le plus désiré en même temps qu'il est ce par quoi arrive le désir des objets. L'invention du "mouvement perpétuel". Et la "machine" se pérennise.

Le mouvement est effrayant et jamais considéré. Voilà où nous en sommes après cette « libération » des corps qui, en réalité, ne fut qu’une libéralisation du corps, pour un devenir économique qui "produit" de la "consommation" (d'où ce sublîme postérieur accompagnant ce pot yaourt si peu sexy). Peut-on considérer le corps comme étant réellement libéré ? Pas si sûr. D'autant, comme le propose Baudrillard, que l'objet de consommation "corps" est une forme subtile de contrôle social.

Voilà le corps rendu aux potentialités d'un actionnariat dont les fondements restent l'humain dans sa faiblesse, faiblesse nichée pas loin de mystifications telles que le "désir de bonheur", l'espoir d'une vie bienheureuse résumée dans la possibilité de consommer. Je consomme donc je suis. Pour y accéder : "Sub-pute", la prostitution masquée...

Dans le même temps, rien d’étonnant lorsque l’on sait qu’une fesse peut faire l’objet d’un contrat d’assurance, comme d’un genou, d’une bite (si, si) mais, étrangeté: le cerveau ne s’assure pas!!! Point encore. Ce bout de viande n’est pas encore assez lucratif « comme » bout de viande érotique. Pas assez sûr comme investissement, pas assez connu, pas assez maîtrisé? Pas assez excitant ? Les viandes ne se valent pas, décidément!

Le corps est pourtant une affaire de bactéries, de virus, de pisse, de cellules, de sperme, de merde, d'ovules, d'éructations, de fluides, d'odeurs, d'humeurs, de vie en somme... Sexy? Pas trop.

Non, mais le corps préparé, empaqueté, épilé, retapé, "karchérisé", le corps plastique, esthétisé, marketté, le corps libéralisé, industrialisé et sacralisé, le corps économique, produit à consommer et à faire consommer, ce corps-là, débarrassé de ses fluides honteux est hype et sexy !

Enfin, précisons que « prostituer » c’est, d’abord et avant tout, « avilir ».

Baudrillard aura aidé...

Loo

lundi 19 mars 2007

Tirez sur le soliste…

photo de Djü

Resterons nous seuls ?

Isolés, en terre aride, unique ami, unique enfant de cette matrice qui n’enfante plus que du vide, rongé par la culpabilité virtuelle d’avoir voulu échapper à l’irréversible mécanique animale. Tu es né bête, deviens moins que cela.

Resterons nous seuls ?

Non, les communautés nous embrassent déjà. N’embrassent-elles pas « toujours » les orphelins, et bien des pères et mères ne doutent pas d’enfants qui ne sont pas de leur sang. Ô bien aimée différence qui transcende les peuples et les transporte à la compréhension profonde de ce mot religieusement bafoué, si religieusement galvaudé que l’on craint de l’utiliser, tant on en a perdu le sens : Tolérance.

Mieux vaut rester seulement soi.

Resterons nous seuls ?

Quelles craintes pourraient bien nous en empêcher ? Pourquoi craindre, hommes et femmes, de ne plus subir les assauts de la tendresse la plus charnelle ? Pourquoi craindre « l’anamour », craindre la fin des coupables tentations, craindre les reproches, la mauvaise foi, les déclarations emportées, la maladresse des premiers émois et des dernières réminiscences du désir perdu ? Pourtant il n’y a pas d’éternité, justement pas d’éternité. Le savoir ne suffit pas. Savoir c’est être seul.

Resterons nous seuls ?

Ces questions n’ont d’intérêt que dans de seul fait d’être posées. Belle quête d’universalité qui existe malgré nous, en nous, sans nous. Belle quête que de vouloir se réapproprier le sens de ce qui ne nous a jamais appartenu, à soi seul, et quel paradoxe, si parfait qu’en assumer la raison est une solitude.

Restons donc seuls ensemble, les coudes serrés, solidaires devant la masse informe, la bouche insatiable qui voudrait tout avaler, tout lisser et tout faire oublier.


Djü.

jeudi 15 mars 2007

Des hères, du travail, du fatum...

Hères, pauvres hères, damnés de la terre, pauvres, pauvres consentants que nous sommes!

Nous y voilà. À notre condition -dont, soit dit en passant, se fout royalement le fatum, notre bon ami- voilà à quoi se réfère notre misère. Oui, il s’en fout notre bien aimé fatum, pour la simple raison qu’à défaut d’être un Je, il n’est pas un Il et moins encore un On. Alors il s'en fiche. Il n’est rien, mais il est tout. Sans être quelque intelligence organisatrice et créatrice de pacotille, fatum n’en est pas pour autant un Néant. Du moins pas à l’échelle de l’existence que les singularités que nous sommes s’évertuent, ici et là, à mener à la vue, à l'oreille, en suivant le son furtif et discret de l’univers plutôt que le bruit grossier de la raison sociale, économique, de raisons idéologiques. Il faut former l'oreille.

Fatum est un être à venir. Fatum se branle, branle son non-corps, sa non-bite, son non-clitoris, fatum (se) branle, fatum, destine, oriente en énergie universelle et sans volonté, fatum fait sans rien faire, à travers ceux qui veulent et qui font, fatum se gausse, mais il n’a point de bouche, il se branle encore et encore de toute intellectualisation, de tout rationalisme. Fatum est un non(mais pas nihiliste) aux fixismes, aux rigides, à la maîtrise. Il est le monde expansif, un genre de Présence de l’Etre-Devenant déjà orienté vers une finalité qui toujours se réoriente, un destin dont la destination est toujours inconnue, une Natura sans Deus sur laquelle le petit homme voudrait plaquer du sens. Pour se sentir moins seul et, surtout, moins largué. Fatum destine...

A bien considérer ce vide sidéral, il ne reste plus, pour la rationalité, que le désir d'« éthique » dans la vie, devant les pragmatismes, les utilitarismes, les moralismes, les « ismes » organisationnels.

Oui, l'organisation, c’est confortable, pour naître, pour résoudre les contradictions relatives à notre rapport au monde, pour mourir aussi. Pour mourir ici, maintenant, pour mourir dès lors que l’on est sorti du vagin organisé, délimité par les lois, pour mourir ex utero, utérus rationnel, social, éducationnel, matrice gestatrice, productrice de "vies" policées, d'esprits prompts à l'autocensure, connivents avec la pensée dominante, consensuels et mous parce qu'il en faut un minimum pour faire tourner la machine. Notre "réel": passage d'une matrice à une autre, d'un "utérus" à un autre, d'une gestation à une autre. Du biologique au politique, simple changement de repères, de perspective. Mais cette vie conçue en termes numéraires, statistiques, de gestion du vivant humain, un peu à la manière de ces tritons et autres bêbêtes qu'il faut sauver avec des recettes de grands-mères débattues et votées à l'assemblée pour que vive dans un bonheur tout rose et joyeux la société organisée des tritons (… Natura 2000), cette "vie" est en contradiction avec la condition de cet être "condamné à la liberté", en contradiction avec le bios anthropos.

Quel horrible nom, d'ailleurs, pour une recette de grand-mère et pour « sauver » les tritons, on dirait une pub pour le TGV ou pour un modèle de voiture. Ils nous emmerdent royalement les tritons, ils s'en foutent des plans de sauvetage... à la manière du fatum qui continue de s'en ficher ! Mais on a peur, TOUT D’UN COUP. On fait pas les malins. Les tritons, les nénéphants, les tigrous, les bibiches, les meuhmeuh (ah non, pas elles), les cococodiiiiles et tout ce bordel… Et l’homme, maman dit ? Zut alors. Il ne s’agit finalement ni des cocococococodiles, ni des bibiches… Il s’agit de nos tronches de débiles mises face à nos propres contradictions et à nos organisations mortifères et morbides, à notre histoire assez peu reluisante.

Tout cela, la quasi-totalité des politiques "humanistes" l’a oublié. Ou alors ne l’a jamais véritablement intégré. Elle a consciemment éludé le problème pour l'intérêt d'une oligarchie et celui, aujourd'hui, de cyniques ploutocrates. C'est la conscience du véritable FAINÉANT. Ainsi, nos énarques, valets de seigneurs invisibles seraient les plus faignasses et certainement pas les plus libres en termes de pensée de l'humain ou de modèles ambitieux refusant toute instrumentalisation des individus. Cela n'est pourtant pas faute du manque d'inspirateurs jalonnant l'histoire des idées.

Finalement, plus l’on se réfère à la valeur « travail » et plus l’on est en fainéantise, plus on est également dans des logiques d'aliénations. Le travail, dont l'étymologie (tripalium) nous rappelle la barbarie est, comme valeur, quelque chose d'absolument rétrograde et résolument conservateur. Les voilà nos "faiseurs de monde" : des seigneurs gestionnaires, des actionnaires, des petits chefs, des cadres, des travailleurs fainéants. Il s'agit essentiellement de recadrer le monde, de le limiter en activité valorisante, valorisée et validée par nous, les suiveurs, validée par notre propre fainéantise pour assurer à une caste et à ses descendants le meilleur des mondes. Voilà l’autre du fatum. Mais il s'en fiche. Et pas qu'un peu.

Alors, le fatum, c’est l’autre de toute société érigée en vaste aire de jeu économique, comme la société est l’autre de la vie et, donc, de la mort. Avant même de savoir vers quoi le fatum porte la pensée de la vie, car il la porte, il faudrait en effet reconnaître que nos organisations se constituent contre la vie. Et donc contre le fatum. L’obligation de résultats que l’on retrouve jusque dans les totalitarismes les plus exemplaires est une manière de rendre muette, inaudible, cette "parole" du fatum, un murmure couvert par le brouhaha incessant des incantations gesticulantes d'icônes cathodiques et emprunte de la solennité nécessaire à faire peser les mots, fussent-ils creux.

L’organisation prend ainsi le pas sur l’essentiel que constitue la condition dans laquelle on se trouve, pour ainsi dire, jeté dès lors que naît à la vie le langage, la conscience, cette étrangeté qui produit la distance minimale entre le biologique et « l’humanitude », entremêlement de déterminisme et d'indéterminé, un "à déterminer".

Aussi, il faudra d’autres valeurs que celles portées par ce débilitant Nicolas, cette communiquante de Ségolène, plus douce il est vrai mais un tantinet démagogue pour le moment, et ce trublion de François qui réussit le tour de force de de se présenter comme la nouveauté et la radicalité du changement tant attendu. Avec ce genre de radicalité, il faudra redéfinir les mots "révolution", "subversion", "transgression", etc. Reste le reste, exceptée la droite extrême qui développe à l'extrême des tendances rampantes, des germes déjà là. Ce reste, un peu facilement réduit à ses vues irréalistes et irréalisables est, certes, tout autant idéologique, mais il dépasse le cadre habituel du raisonnabilisme financier et de son réalisme tout aussi parfaitement idéologique, ce reste, donc, propose quelques tentatives dignes d'intérêt pour des modèles d'humanité, pour des modèles de vie.

Et ça, ça fait un peu fatum ! Qui s’en branle, certes.

Loo.

mercredi 28 février 2007

fatum de meuf is a fuckin’ good fatum : l'homme clitoridien

'Same seasons' by Loo



Elle est belle.

Le genre d’ânerie qu’on aime à laisser poindre devant les évidences que provoquent l’attrait de belles formes. Se dit aussi bien d’une automobile que d’une femme. On imagine le niveau. Se dit également d’une « prise » !

Pourtant, elle n’est belle que quand elle désire. Et que l’on sache, la Porsche ne désire rien qui puisse s’apparenter à la supériorité de bellissimes cochonnes. Car l’auto n’est même pas animale. La femme a ceci de commun avec la truie-cochonne qu’elle vit, et l’homme, ce porc-cochon en acte, est animal vivant aussi.

Ainsi, la Femme ne l’est réellement qu’à la mesure de l’assomption et de la conscience assumée de son désir. Autrement dit, elle est cet être humain dégagé des cadres moraux qui toujours en font l’ersatz d’un mammifère maternant. Elle est un Homme au sens générique du terme, d'abord et avant tout. Alors quoi ? La femme platonicienne était-elle si différente de celle qui s’absout de toute référence à la maternité et à la féminité ? À l’évidence, oui. La femme antique perdure, enferrée et encouragée à le rester, dans une morale étriquée.

La femme (occidentale) a trouvé son épokê. Et se peut définir en dehors de la "féminitude". Son fatum est ouvert, et la voilà ajoutant sa participation aux fins humaines au-delà d’une définition seulement reproductionnelle : le seul féminisme qui vaille en somme. Libération et libéralisation du désir, désir assumé de la femme qui devient un être-femme, femme-désir, un Homme-clitoris. Pas un homme ou une femme pour l’homme, pas pour faire l’Homme avec ce simpliste dérivé masculin dont le pendant féminin en serait une forme presque secondaire. Un avenir pour des valeurs nouvelles. Et sans émasculation! C'est-y pas beau? Et parallèlement dans le développement du concept de « clitoris ». Femme-Homme Majuscule. La Femme comme terme générique et premier de l’humanité. La femme, l’Homme clitoridien.

Alors oui, la femme devenir humain et définition à venir de l’homme se risquant sur le sol de valeurs à refaire et comme le dirait l’autre, à transvaluer.

Elle est belle en effet. Et du clitoris au gland, il n’est qu’une histoire à rebours, à inverser… Le même du gland…. Le clitoris.

Alors plutôt que phallique, fatum sera clitoridien.


Loo.



lundi 19 février 2007

Il faut commencer...

Bukowski


L’on s’y jette, pas comme dans un journal intime parce qu’il serait bien peu commode de le faire mais aussi pour la raison qu'en ce domaine, on a donné. Si, si. Vers onze ans. Les poils poussaient à peine que, déjà, surgissait, à l’aune de ceux-ci, l’épaisseur d’un ego déjà là avant même qu’il eût pu se dénommer comme tel.

Dans tous les recoins de cette pauvre conscience se tenait là ce vocable ô combien sensible, le « je » unique, riche de soi, altruiste à l’occasion, il se tenait là, campé sur les monstruosités de génies à venir, prostré en facondes vacuités, se demandant si tous avaient la profondeur requise pour un échange bien urbain. Fatum

Point d’autosuffisance, point de satisfecit autocentré. Non ! Loin de là, car l’on était, que cela plaise ou non, déjà proche d’une perfection remarquable.

Aussi, fut-ce décomplexé qu’un ego décentré se donnera l’excuse bien légitime de se jeter en un journal – public en effet- qui ne se pourrait résumer en simples onomatopées branchées et satisfaites.

Ainsi donc... Ce destin-là, on le construira, on le fécondera à coup de boutoir, ce destin là, on va le baiser comme il faut avec vous autres les baiseurs de destin. Si, si.


Loo.